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Portrait d'un trufficulteur

Portrait d'un trufficulteur

Une parcelle arborée, plantée de chênes verts, pédonculés, chevelus, pubescents, kermès parfois de charmes, de noisetiers ou de tilleuls, au milieu courbé et attentif à l’observation méticuleuse de ses arbres, de la flore et de la micro faune qui l’entoure vous l’avez démasqué, c’est probablement un trufficulteur!

Tout au long de sa vie il étudie, expérimente, apprends, c’est un curieux qui cherche à comprendre l’écologie de la truffe et tente inlassablement de mettre en œuvre le mode cultural qui lui permettra de déclencher ou d’améliorer sa production.

Amoureux et respectueux de la nature, sa truffière est son jardin où il bichonne en toutes saisons des arbres prometteurs d’une récolte probable et ardemment désirée.

Sa démarche n’est pas celle d’un doux rêveur un peu excentrique mais celle de quelqu’un d’ambitieux, sensé et pragmatique qui s’accommode de ce que la nature lui offre. Il raisonne et met à profit les expérimentations scientifiques ayant utilisées des méthodes extrêmement sophistiquées et des observations empiriques que la science n’a pas encore su expliquer.

Chaque année quand arrive la fin novembre ses nuits sont agitées, il se réveille enthousiaste à l’idée de partir caver*, c’est à cet instant qu’il va savoir si ce qu’il a fait durant plusieurs années a permis au mycélium de la truffe, symbiotique des racines de l’arbre, de fructifier. Il arpente alors ses truffières scrutant le moindre signe de son chien. Il a passé des mois à lui apprendre patiemment à découvrir le précieux champignon et à lui en indiquer la présence d’un coup de patte précis. Ils sont maintenant unis dans une quête excitante qui dépasse souvent la simple complicité d’un animal et de son maître. Le chien est devenu le nez de l’homme, l’homme est devenu la main du chien. Dans ce moment fusionnel maître et chien sont tous deux accroupis, la tête dans le trou, enivrés par le parfum complexe et puissant de la truffe mûre, c’est un moment intense, extraordinairement émouvant surtout quand c’est sa première truffe.

Tous les trufficulteurs se souviennent avec nostalgie de leur première truffe certain la conserve dans un bocal couverte de cognac, elle ne sera jamais dégustée et restera comme une précieuse relique sur une étagère ou dans une vitrine pour rappeler L’Instant.

C’est un peu tout cela que le consommateur retrouve dans son assiette lorsqu’il déguste la truffe noire dite du Périgord (Tuber melanosporum) fraîche.

Le côté magique, excitant et secret de la truffe n’est pas une légende et existe bel et bien.

C’est sans doute ce qui l’a rend aussi intéressante et comme disait Félicien Marceau  si « le bonheur, c'est savoir ce que l'on veut et le vouloir passionnément. » alors le trufficulteur est tout près du bonheur.

Patricia Monteil

*Creuser, chercher les truffes

 
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